LIÈGE · PLACE DES GUILLEMINS
Le quartier qui anticipe l'avenir
DEMANDEZ LA BROCHUREBien avant les voies ferrées et les immeubles, le quartier des Guillemins faisait partie de la campagne d'Avroy, aux portes de Liège. Prairies humides, vergers, jardins et quelques grandes demeures composaient alors le paysage. Au XVIIe siècle encore, les gravures montrent un territoire largement ouvert, traversé par quelques chemins dont la rue des Hours, ancêtre de l'actuelle rue Paradis.
Le nom « Guillemins » trouve son origine en 1287. Cette année-là, le prince-évêque Jean de Flandre installe dans un ancien refuge une communauté de moines de l'ordre de saint Guillaume de Malavalle : les Guillemites. Établi au milieu des prés et des bosquets, leur couvent marquera durablement les lieux, jusqu'à donner son nom à tout le quartier. Les bâtiments disparaîtront progressivement au XIXe siècle, lorsque le chemin de fer commencera à transformer le paysage.
En juillet 1842, une première gare ouvre aux Guillemins. Ce n'est alors qu'une construction provisoire en bois, baptisée « station de la Neuville ». Son arrivée va pourtant changer le destin du quartier. Hôtels, cafés, restaurants, commerces et bureaux apparaissent autour des voies et les Guillemins deviennent progressivement une porte d'entrée de Liège. La rue créée pour relier la gare à la ville, d'abord appelée rue de la Station, prendra en 1863 le nom qu'on lui connaît aujourd'hui : rue des Guillemins.
Au tournant du XXIe siècle, une nouvelle transformation s'engage avec la construction de la gare imaginée par Santiago Calatrava. Les travaux débutent en 2000 et nécessitent de déplacer la gare de près de 150 mètres vers le sud, entraînant la disparition ou la transformation de plusieurs rues et habitations. Inaugurée le 18 septembre 2009, sa spectaculaire voûte d'acier blanc s'étend sur 200 mètres et culmine à 40 mètres. Avec elle, ce n'est pas seulement la gare qui change de visage : tout le quartier commence à se redessiner.
À l'angle des rues des Guillemins et Paradis, la parcelle de Crystal Corner a elle aussi accompagné ces transformations. Autrefois bordée d'immeubles accueillant cafés, restaurants, hôtels et commerces liés à l'animation de la gare, elle se retrouve libérée lors du réaménagement du quartier. Le terrain reste ensuite vacant et sert notamment d'aire de repos aux chauffeurs du TEC. Une interruption dans le front bâti que les riverains finiront par surnommer la « dent creuse » des Guillemins. C'est précisément à cet endroit que prend aujourd'hui place Crystal Corner.
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